Le gouvernement et le ministre de l'intérieur tentent d'instrumentaliser la crise des banlieues pour justifier leur politique sécuritaire et susciter le rappel à l'ordre.
Sarko ne rate pas une occasion de critiquer"l'agitation médiatique" autour d'un "pseudo-anniversaire" à propos de la crise qui a secoué les banlieues en 2005. Curieus'e mise en garde de la part d'un ministre de l'intérieur qui a lui meme orchestré,en partie, cette "agitation" dont il semble craindre aujourd'hui qu'elle ne se retourne contre lui.
C'est que tout "anniversaire" est aussi l'occasion d'un bilan. Et ce que Sarko redoute le plus,c'est d'etre confronté au sien.Dans une pirouette,il affirmait avoir "réussi à contenir la délinquance" en Seine-Saint-Denis,avant d'avancer des chiffres contredisant cette assertion:"entre mai 1998 et avril2002,les services de police avaient constaté 520 254 crimes et délits.A période comparable, entre 2002et 2006,leur nombre est de 548 903"
Suppression de la police de proximité,déploiement des CRS en ordre dispersé,politique de "coups":les choix oncohérents en matière de sécurité n'ont pas fait reculer les violences dans les quarires les plus défavorisés.Ils ont conduit,en revanche,à une stigmatisation d'une partie de la population,à un véritable harcèlement des jeunes des quartiers populaires,d'emblée suspects et sans cesse soumis à des controles d'identité,voire à des humiliations.
Autre échec manifeste de Sarko,plus politique celui là:il n'est pas totalement parvenu à imposer sa lecture strictement "sécuritaire" des évènements de novembre dernier.L'examen des dossiers de comparutions immédiates contredit totalement sa thèse selon laquelle les émeutes auraient été le fait de voyous et trafiquants tous connus des services de police.
Le débat sur la question sociale,sur le chomage de masse et l'impossible accès des jeunes des quartiers populaires au marché du travail s'est imposé,peu ou prou,à l'issue de la crise de l'an dernier.
Sur ce meme terrain social,c'est l'ensemble du gouvernement qui est en échec.Le chomage,la précarité,les discriminations restent la réalité centrale dans les quartiers populaires,pour les jeunes sans qualifications,comme pour les diplomés.
Un an après,ces quartiers,dont la droite veut faire son terrain de chasse préélectoral,la mettent,paradoxalement,face à son bilan.Cela montre les conséquences désastreuses de la politique de démolition sociale systématique conduite depuis des années.Et sur le train sécuritaire,la stigmation et l'instrumentalisation trouveront toujours matière à surenchère du coté d'une extrème drpoite en embuscade.
A1utant d'éléments qui pèseront lourd dans l'issue des prochaines élections de l'année prochaine.Pour le meilleur ou le pire.
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